Saint-Pelé et nos petits cœurs mous

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C'est de nouveau ce moment de l'année ; le moment pour les petits couples de tous appariements génériques de renouveler, devant la société, l'engagement enthousiaste de leurs éréthismes romantiques. À grands renforts de pétales en bouquets, de ganaches en panaches, de beaux bijoux et de cadeaux à carats, de poutous, de frous-frous, de dentelles et de soies, et ces cartes et encarts à caractères cardiaques, les amoureux relancent leur appel du 14 février. 

Odeur de rose et guimauve de rigueur ! Vous n'échapperez pas aux odes sur les ondes: trente-six mille façons de chanter "i love you", des palpitants en pub, des palpitants en podcast, et des romcoms encore, encore, et encore. Cupidon affûte son arsenal ; on va vous édulcorer jusqu'à ce que vous pétiez des arcs-en-ciel.

Du coup, pris au jeu, vous vous apprêtez : il s'agit que tout soit parfait. Il s'agit que vous soyez parfait(e). La tignasse ? Domptée. Le régime ? Réussi. La tenue ? Impeccable. Et les poils ? 
Oui, ce duvet coloré qui se hérisse en différents endroits de votre anatomie tandis que sa présence se rappelle à votre bon souvenir. Vous savez, votre relicat disgrâcieux de chaînon manquant. De quoi vous ruiner une perfection en un tournepoil.

Bon, peut-être que vous vous en fichez ; peut-être vous assumez-vous au naturel (prononcez "ow natch'rwelle") comme disent les Américains, qui, eux, n'hésitent pas à passer sous la lame pour se défricher le trac. Le pays de la liberté va affranchir plusieurs millions de ses pubis de leurs touffus manteaux d'hiver. Et pas que les filles ! "Si je taille le buisson," poétise un type dans cet article de The Onion, "l'arbre semble plus gros."

En tout, ce sont 20,000 tonnes de crêpes intimes qui seront amoureusement équarris outre-atlantique, projetant le pays à des niveaux de douceurs quasi-sembables aux aines brésiliennes. Certain(e)s pourraient même se lancer dans des fantaisies plus ou moins conseillées, voir lien.

Congrûment, je me fends d'un petit poème Tonique-Révoltant :

Pour la Saint-Valentin, ois cet épithalame :
Je taille le buisson, plus gros semble mon arbre.
Ah ! toi qui a pris soin de ta jolie fleur glabre,
Tu moissonnes en moi les épis de mon âme.

Publié dans Éphémérides

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martine 19/02/2010 21:19


Avec ou sans boules Quiès?


Le Ndix 16/02/2010 18:02


@Martine : notez qu'avec des articles comme celui-ci, ce serait un comble de vouloir la faire buissonnière, l'école.


© 18/02/2010 01:49


Merci. Quel est l'équivalent en blog du crissement de craie sur un tableau noir ?


martine 16/02/2010 16:53


Vous voyez comme vos lecteurs sont à bonne école depuis qu´ils vous lisent avec assiduité!


martine 14/02/2010 20:11


Une nuit sur le Mont Chauve!


© 14/02/2010 23:55


Ma chère Martine, votre commentaire, très tongue-in-cheek, avec la parfaite proportion de sous-entendu, est complètement Tonique Révoltant. À vrai dire, ç'aurait pu être le
titre de l'article. Merci beaucoup pour cela.