Une Rentrée Tonique-Révoltante

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(Merci à tous ceux qui, tous les jours, sans relâche, sont venus errer dans ces parages toniques-révoltants, attendant le retour des petites pièces. Voilà !)

Bah, les vacances sont finies. Que tout le monde rentre chez soi ! Les Aoûtiens ont rejoint les Juilletistes dans leurs sombres pénates ; les Septembriers, peinards, ne font guère de bruit. Le cirque tropique du sempiternel chassé-croisé, la foule transhumant à qui mieux mieux mieux, en diagonale et de traviole, en une pétarade cambrée dans le bleu supernel ou un klaxon cathartique campé sur des enrobés bitumineux en plein désarroi… --- ce fumeux remue-ménage, qui fout les nuages en rogne mais fait rigoler les étoiles, s’est finalement tu. 

Une cohorte de bagages a couiné vers ses placards, semant sur sa trace du sable fin et des coquillages ; les héroïques balluchons ont bien mérité leur retraite : bourrés, zippés et cadenassés, dénudés -- oh ! -- aux rayons X, remués en cales et soutes… Ça a bardé pour votre barda. 

Roissy Charles de Gaulle, sur le tapis roulant, la valse des valises embrasse son dernier temps. 

Rideau. 

Acte II. 

Home sweet home, potron-minet. On relit une carte postale de la belle-mère, qui est allée se roussir l’échancrure brésilienne au soleil d’El Gouna --- mode all-inclusive : cocktail-buffet et réaction de Maillard sur la bidoche --- ; on épanche ses émois de vacances via USB, sur la place publique, entre deux pokes égrillards et un quiz complaisants ; on dépile son flux RSS comme on pelle devant sa porte en hiver… 

Pendant ce temps, bambin et bambine se savonnent les quenottes et fourbissent leurs stylos : nos chères petites têtes blondes repartent en campagne. Mission : ingurgiter du 1515 et de la règle de trois, et se capitonner dessous les bouclettes de divine connaissance. Eh oui, eh oui, l'école recommence.

Dans un cartable aux atours improbables, on carre quatre feutres couleur bonbon, un agenda encore vierge mais qui finira plombé de gribouillages, annotations, photos et découpages ; un iPhone termine dedans --- avec ses factures au bout de votre doigt. Un ignoble classeur à l’effigie d’un déprimant vampire efféminé qui scintille au soleil, se glisse entre ses couches comme si de rien n’était. 

Caparaçonné de marques et leurs vanités juvéniles, la charge pesant sur les omoplates, petit(e) soldat(e) s’en va en guerre.

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martine 07/09/2010 23:53


"...nos chères petites têtes blondes repartent en campagne."
Et les moins chères petites têtes brunes repartent en avion!

Contente de vous relire.


© 12/09/2010 18:35



Et les petites têtes brunes repartent en avion quand un certain quelqu'un d'autre repart en campagne...


Merci à vous d'être restée!



kaap 04/09/2010 22:32


Quel plaisir. Merci d'être revenu.