L'oscillation Fantômas

Publié le par ©

Gray1197.pngNous sommes des machines molles, des bécanes bancales, des engins humains ; des coucous cabossés de carne et de cartilages qui prêtent à la bouillie clastique qui leur rêve entre les esgourdes des émanations qui la dépassent, et dont ils baptisent les linéaments "âme immortelle".

Cette âme, donc, aurait une intégrité à elle, indépendante du hardware sur lequel computent les processus qui nous sustentent. Eternelle, elle n'aurait pas attendu nos atomes et nos molécules pour dire qui nous sommes -- absolument caractéristique, infiniment discriminante, elle nous placerait chez le Père Noël ou chez le Fouettard, elle nous ferait grain ou nous ferait ivraie.

Et là, je dis BS.

On sait qu'une lésion dans la caboche peut vous retourner les transcendances houplà. Mais maintenant, une équipe de neurologues de Harvard vous met son pied dans l'éthique sans passer par la case scalpel.

Les jugements moraux que nous portons sur des actions s'accordent à notre perception  des intentions qui les sous-tendent. L'imagerie neuronale a montré que notre interprétation des motivations de notre prochain implique une région du cerveau appelée jonction temporopariétale droite. Du coup, Young et Cie de Harvard se sont demandé s'ils ne pouvaient pas fiche le zouk dans nos prises de positions morales en affectant cette zone.

Or en tourmentant ladite jonction à coups de signaux magnétiques, ils se sont rendu compte qu'ils parvenaient à biaiser le jugement de leurs sujets : ces derniers, au lieu de prendre en considération le dessein déclenchant l'acte, ne contemplaient plus que ses conséquences.

Par exemple, dans un scénario où "Grace" assaisonnait le caoua d'un copain d'une poudre blanche qu'elle croyait toxique, mais qui se révélait inoffensive, on demandait si Grace avait bien agi ou mal agi. Et apparemment, les sujets à la jonction temporopariétale droite dans le coaltar ne voyaient pas de vice dans les facéties de notre chère empoisonneuse, puisqu'au final son ami allait bien. Comme les petits enfants. Ou certains psychopathes.

De là à fantasmer sur les contes de science-fiction et leurs puces inhibitrices de comportement dans quelque dictature aseptisée, il n'y a qu'un pas.

Bah ! Je ferai un bond, jusqu'au rayon zombifiant de pulp comics, qu'un méchant mégalomane élucubre dans son schéma de domination du monde.
134318_OFCOURSE.jpg
Un malencontreux accident de labo, et l'un de ces braves gens à haut degré d'éducation de Harvard pourrait bien finir dans une base secrète escamotée au coeur d'un volcan, sur une station lunaire ou un QG pélagique, à chatouiller les vibrisses d'un angora à l'œil torve et à élever des grands blancs -- et pointant sur les Hommes son arme malveillante, il les pousserait  à se déchirer entre eux, à se disputer les ressources, à se tromper, à se mépriser, à se haïr, à se monter le bourrichon, à insulter la maman des autres, à se donner de bonnes raisons de se trucider...

C'est drôle comme ça sonne familier... Bon sang de bois !
Allez inspecter les cratères ; que quelqu'un surveille les eaux -- j'irai fouiller notre satellite : car une chose est sûre : un supervilain est parmi nous !
 

Publié dans Science

Commenter cet article

Hey hey 06/04/2010 14:33


Merci pour le lien tres interessant