Coup de pied occulte

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Mes articles s'espacent -- mettons qu'ils prennent leurs aises. Ce n'est pas que je me lasse du tonique révoltant, c'est qu'entre la fatigue et quelques aléas logistiques, le tempus s'est bien fugit de ma gueule. Je vous promets du poil de bête bien repris prochainement !

 

J'aime le fantastique. Je m'en repais. Que l'on me gave d'hermétismes et de magie : je m'accommoderai d'hépatocytes hyperlipidiques* pour peu qu'ils soient mystiques ou merveilleux. Filez-moi du pixie mal amuse-bouché en apéro et une invasion intergalactique en entrée ; en pièce de résistance, une malédiction sauce nuit de pleine lune sur son lit de spectres ; une prophétie égyptienne qui se réalise pour (en) finir -- un café-tentacules, et l'addition. Je pantagruelle dans une purée non-euclidienne de résidus d'érèbes, de patatranormal, d'ésotérismes à la mords-moi-le-nostradamus. Ma cène sera une galimafrée sacrilège à envoyer la bonne raison se faire rafraîchir le bouc rue des Marmousets.

Gamin déjà, j'aimais divaguer sur les maléfices d'une figure caprine de tarot de Marseille, ou, potron-minet sonnant, expérimenter sous le duvet des réminiscences d'histoires de réminiscences.

Sauf que, des horreurs rondement menées au plaisir coupable du kitsch kabbalistique, ça n'a toujours été que pour de faux. Le dilemme du rêveur rationnaliste, c'est de goûter le surnaturel et en même temps de le vomir. Racontez-moi une histoire de draps et de boulets dans un château d'Ecosse, je savoure ; mais tentez de me convaincre des manifestations contre-nature dans vos placards, et les seuls revenants seront mon croissant et mon jus d'orange.

Il n'est pas toujours facile de concilier le sens du fantastique avec la révolte quotidienne contre les obscurantismes -- j'en ai fait mon combat d'arrière-garde. Je veux préserver les contes et balivernes, mais que nul ne les prenne pour plus : qu'on plaisante sur la pousse des cheveux à la pleine lune sans se le tenir pour dit ; qu'on se jette du sel par dessus l'épaule en rigolant des yeux ; qu'on joue au labyrinthe dans des creux de mains sans faire de plans sur la comète. C'est facile comme ne plus croire au Père-Noël.
Et surtout, surtout, ne plus engraisser les escrocs de constellations et leurs capricornes dans Uranus.

-- à suivre.


*spéciale cacedédi au Faiseur.

Publié dans Variés

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Grater a poil 18/04/2010 14:35


Ah si seulement la pleine lune pouvait t'aider!