Je sers la science et c'est ma joie

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Pour ceux qui auraient raté l'événement, jeudi dernier s'est déroulée à Harvard la 19e cérémonie de remise des prix Ig Nobel, qui récompensent, comme chacun sait, les élans scientifiques, culturels et humanistes les plus improbables, les plus inutiles, les plus insensés, bref les plus savoureux.

Le slogan de la manifestation est "pour les prouesses qui font d'abord rire les gens avant de les faire réfléchir." C'est indéniable, tant les exploits des gagnants de cette année soulèvent de questions.

Voyez par exemple le prix de Santé Publique, décerné à Elena Bodnar et son équipe pour avoir mis au point un soutien-gorge qui, en cas d'urgence, peut être reconverti en masque à gaz. Les interrogations suivantes ne s'imposent-elle pas : une femme doit-elle choisir son bustier en fonction de son bonnet ou de la surface de sa zone nasolabiale ? Un homme doit-il choisir comme voisine dans le métro une demoiselle dont les rotondités promettent une protection efficace en cas d'attentat au gaz sarin (ou du moins peut-il se servir de la menace terroriste comme excuse) ?

Voir aussi l'étude exhaustive qui a valu à une équipe suisse le prix Ig Nobel de la paix, et qui tranche par la pratique le dilemme suivant : "quitte à se ramasser un coup de bouteille de bière sur le ciboulot, vaut-il mieux qu'elle soit pleine, ou vide ?" Un bonne question s'il en est, mais qui en amorce immédiatement une autre : clairement, il faut déjà avoir pris un bon choc sur le crâne pour penser à un truc pareil -- alors qu'est-ce qui est venu en premier : l'étude ou le coup de bouteille ? Ou l'oeuf et la poule version bistrot.

Si les exploits de l'improductif et les trophées du superflu (auxquels Tonique Révoltant n'est pas étranger !) vous émeuvent, vous prendrez un plaisir foufou à parcourir les élucubrations de scientifiques désoeuvrés : mais pour clore ce post, je vous livre mon petit favori, en ce qu'il sous-entend de plus délectable :

PRIX IG NOBEL de Littérature, décerné à la police irlandaise, pour avoir émis plus de cinquante contraventions au délinquant multirécidiviste et fou du volant polonais Prawo Jazdy, un dangereux criminel caméléon qui a sévi aux quatre coins du pays, et dont la vilainie n'a d'égale que la banalité de son nom : Prawo Jazdy, en polonais, ça veut dire "Permis de conduire"...

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martine 12/10/2009 22:48


Couverte de honte, de plumes et de goudron, j´apprends (avec s) le Nouveau Bescherelle par coeur!!!


Prof de grammaire 11/10/2009 21:53


Ouaouh, ça se gâte ! La première personne du singulier du verbe "braire" (troisième groupe), c'est "je brais". Brayons ensemble, amis !


© 11/10/2009 22:50


Non, non, elle braie bien de joie -- du verbe "brayer" : enduire de brai. Une variante de l'expression : je goudronne de plaisir.


martine 11/10/2009 17:06


Merci à Prof de grammaire. Je braie de joie!


Prof de grammaire 11/10/2009 11:22


Après le pronom "en" ("qu'en aurait-on..."), c'est toujours au singulier ; donc : "fait". Zéro faute, en tout cas, les bonnets n'étaient pas d'âne.


martine 10/10/2009 17:07


PS cruelle incertitude: "fait", avec s ou sans?