666 but no kiss

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Le festival de heavy metal Wacken Open Air a commencé hier ; d'après Reuters, le Ministère de la santé allemand a exhorté les fans à réfréner les élans affectifs qui risqueraient de leur y titiller les muqueuses.

En effet, pour vaincre le spectre comminatoire du H1N1, il semble impératif que nos hardos chevelus modèrent leurs envies bisous et réservent leurs badigoinces humoreuses aux incantations sataniques. Je n'invente rien.

Cette news est dérangeante à deux titres : d'abord, elle évoque des images traumatisantes d'une horde de vikings velus en t-shirts cradoques à tête de mort, en train de se faire de tendres papouilles -- nom d'une pipe ! j'ignorais que les rassemblements virils d'amateurs de hard rock mussaient un tel penchant Petit Poney.

Ensuite, il y a cet effet comique, né de l'association incongrue entre les modèles musclés brandis par le genre -- personnifiés par un barbare zombi en slip fourrure s'extirpant d'épouvantables pandémoniums à la force de ses tendons et au fil de son glaive de feu (ou toute autre couillonnade du même registre) -- et le tintouin trivial du quidam consumé par un existentialisme diagnostique.

Du coup, on se prend à imaginer le quatuor tatoué de Death Up Your Ass, la mine patibulaire, les pecs engoncés dans une camisole cloutée en skaï, s'adresser à la foule vrombissante en agitant un petit masque sanitaire bleu lavande :

"si vous éternuez, éternuez là-dedans..."

Alors dans les pogos, restez courtois : ne toussez pas sur votre voisin quand vous lui carrez vos rangers dans les lombaires.

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