Poisson-paddock

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Mon titre -- mystérieux ! enchanteur ! --, pinacle pimpant de poétique concision, résume en deux saillies audacieuses cet article de l'éminent Scientific American.

En Utah, 17 000 employés sont passés du classique régime à cinq jours travaillés de huit heures chacun, à une formule à dix heures quotidiennes de turbin, avec un week-end à rallonge -- ce qui les autorise à musarder au plume le vendredi, autrement dit le jour des bâtonnets Captain Igloo à la cantine : Poisson-paddock, quoi : un véritable haïku expressionniste en deux charybdes et quatre syllabes -- de la contraction de texte dopée au tonique révoltant. Nom d'une pipe !

Bref, après un an à laisser les Utahans mijoter dans leurs duvets le vendredi matin, poignant à des pas d'heure et poussant le dress-down friday jusqu'au slip-chaussettes, un bilan s'impose.

Pour l'environnement, déjà, le bilan cartonne : les joyeux automobilistes pétaradent 20% moins de temps dans les bouchons ; et la climatisation (ou l'air con, comme disent les Japonais -- véridique), elle turbine un jour de moins par semaine en été -- on ne dit rien du chauffage en hiver, mais je le soupçonne d'être kif-kif : on n'est pas frileux dans l'Utah.

Mais ce n'est pas tout : la mesure aurait un effet fichtrement lénifiant sur le moral des troupes : ne serait-ce que parce qu'après trois jours sans avoir vu le museau de leurs collègues, il leur revenait tout de suite plus.
Par ailleurs, avec des horaires décalés, les cobayes évitaient de devoir mawashi-geriser leur chemin dans la foule à l'heure de pointe.
Du coup, moins stressés, ils avaient aussi moins envie de recadrer le portrait de leurs petits camarades à l'agrapheuse ; pour plus de détails sur les sévices corporates voir ce post.

Mon business plan du vendredi : optimiser les innovations d'oreiller et développer les synergies de couettes. 

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